TOULON – Tout est dans le titre !

Premier jour, ou plutôt première nuit.
Oui, parce que Lesmuriens, Lesmuriennes, cette fois on part à l’aventure en train couchette !
Loin de nous la Gare de Lyon, son habituel Hall 3, sa voie 19, 21 ou par là…
Ce mercredi soir, rendez-vous Gare d’Austerlitz pour découvrir les lits roulants qui nous conduirons jusqu’au pied de nos chères falaises.
Lancé à 150 km/h au lieu de 320, on atteindra Toulon le lendemain à l’heure où blanchit la campagne – et où nos petits yeux bouffis par cette nuit voyageuse, peinent encore à s’ouvrir.

Direction Le Terminus, premier bistro droit devant. On y (re)découvre nos têtes du matin autour d’un café, de croissants décongelés et de la télé qui veut parler plus fort que nous.

Et puis ça y est : Comme à chaque fois, la magie de l’escalade pointe le bout de son baudrier. Les topos passent de main en main. On évoque la longueur de nos cordes, on se lance dans le jeu graveleux du « Titre », on se montre les secteurs qu’on connaît, et ceux qu’on veut découvrir à tout prix. On parle des manips de secours – qu’on ne connait toujours pas très bien – on remarque les nouvelles cordes des uns, les casques en polystyrène plus légers des autres…
En tout cas, on se met tous d’accord sur une chose : Ce week end on part à la conquête des faces SUD ! – oui parce que bon, on a beau être à Toulon, quand le soleil s’en va, il fait froid.

Bien installés dans nos 3 voitures, notre petit groupe de 12 se dirige vers son premier point de chute : Une falaise évidemment !
Pas le temps de passer au gîte, pas le temps de se laver, plus le temps de penser, nous ce qu’on veut c‘est grimper. Une seule voiture s’autorise un petit crochet par le marché pour attraper de bons produits, parce qu’Emeric et Faustine avaient décidé qu’on mangerait bi(o)en !
Nous arrivons donc au secteur Faron téléphérique. Face sud, plein soleil, fatigués mais heureux.

C’est alors que nous découvrons celui qui nous malmènera pendant 4 jours. Celui à cause de qui nous nous perdrons, celui qui nous mentira ouvertement et qui nous cachera des informations clefs. Non ce n’est pas de Yann ou de Jean-Michel que je parle mais bien de notre TOPO.
Ce topo flemmard, ce topo en retard, ce topo qui a dupliqué les buissons et les arbres sur photoshop pour nous les recoller à chaque page, et mieux nous voir échouer à trouver nos voies et nos relais.

Ces mots, je les écris ici et maintenant pour nous 12.
Fautine, Emil, Emeric, Emilie, Linh, Khalid, Jean-Michel, Bérangère, Yann, Stéphane, Moa et moi.
Nous les malmenés de l’édition 2015 de « Grimper autour de Toulon » qu’on pourrait d’ailleurs renommer : « Errer autour des falaises de Toulon ».

Jour 1 : 10h

Cher topo,

Nous avons facilement trouvé notre secteur. On est alors plein de gratitude envers toi. On te fait confiance et on se dit que les jours qui suivent vont être vraiment super, parce que tu es là.
Faron téléphérique donc. Secteur de couenne. Tes cotations nous permettent de grimper du 4a au 6a+ tout en profitant de la vue sur la baie de Toulon. On découvre qui est en forme, qui est en reprise, on se raconte nos petites blessures, nos covid passés… Tout est parfait.

Jour 2 :

Cher topo,

Aujourd’hui, motivés par le soleil, 3 cordées décident de partir dans le secteur Baou faire des petites grandes voies – concept étrange qui selon ma définition très personnelle correspond à des grandes voies de 2 ou 3 longueurs max.
Tranquille donc. Et puis comme c’est ni trop grand, ni trop petit – titre – ça laisse souvent le temps d’en faire 2.
Et bah non !
C’était sans compter sur le fait que TU avais décidé de nous mettre à l’épreuve. Epreuve qui durera pour la cordée de Linh, Emilie et Khalid jusqu’à 21h – rappel : on est en hiver, donc à 21h il fait nuit. Noire. Depuis 4h. Et il fait froid aussi.


C’est sur qu’en décidant de faire un dessin de la falaise dans un style « enfant de 4 ans », avec une zone de relais qui ressemble à la ligne 7bis du métro parisien – celle qui tourne en losange et dont on ne comprend jamais le sens – ou avec une « voie mystère » que tu n’as même pas pris la peine d’illustrer et qui nous a valu avec Moa 45 minutes de marche dans un pierrier raide en chaussons d’escalade – style drag Queen pour lui afin de ne pas abimer l’arrière du chausson, style fakir pour moi histoire de me trouer la voute plantaire – on ne peut pas s’étonner de perdre ses grimpeurs…

Nos 3 petits Naufragés du Baou finiront donc à la frontale, glacés jusqu’aux chaussons, par s’accrocher sur un relai tout rouillé pour retomber en fil d’araignée sur leurs pieds, 3h après.


Heureusement, comme on commençait à te cerner, un bon repas chaud fait d’amour et de camaraderie les attendaient au gîte.On se couche tous, repus et rassuré de les avoir retrouvé, en se disant que demain on fera davantage attention à toi.

Jour 3 :

Cher topo,

Le soleil est encore là ! Muesli, graine de chia et tartines de beurres de cacahuète avalés, 2 cordées partent en grande voie et 2 voitures en couenne.
Cordes au sac et sac sur les épaules on se lance gaiement vers de nouvelles aventures vertigineuses, direction : Destel. Un secteur au fond des gorges éponymes qui nous promet de nous faire prendre de la hauteur.


On marche. On remonte un pierrier. On suit le balisage jaune. On fait le tour du plateau, 1 fois, 2 fois, 3 fois. Bon c’est officiel, topo, tu nous a perdu. 2h – Vs 25 min initialement prévues pour arriver à notre voie – plus tard, on s’encorde et le clic des dégaines cliquète enfin.
Mais…tu avais jugé bon de ne dessiner que la première longueur et la moitié de la deuxième. Et nous, petits innocents éblouis par les rayons du soleil, nés de la dernière pluie, on voulait te laisser une deuxième chance !
On se perd donc sans surprise et cette grande voie se rangera au côté des « ascensions mystérieuses » dont les 5b annoncées sont plutôt des 6b ressenties.

Retour au gîte où l’on apprend que nos couenneurs qui devaient, selon toi, trouver le secteur Gros cerveau en 15 minutes, ont également mis 2h pour y arriver.

Décidément, tu n’es pas très ponctuel. Mais…tes voies sont quand même très belles.

Jour 4 :

Cher topo,

Cette fois, on se passera de toi. On vise un secteur qu’on connait déjà, donc tu peux tenter de nous perdre, tu n’y arriveras pas !
Le Cimaï c’est cet impressionnant secteur déversant que l’on voit depuis la route et qui fait peur à tout notre groupe depuis 3 jours.
On arrive au pied des voies. Le soleil est à température parfaite, juste de quoi cuire un peu avant de rentrer à Paris. Les voies sont idéales. On a trouvé notre petit paradis.
Couenne après couenne – titre après titre – on échange nos cordes et nos dégaines, on se pose des moulinettes, bref, on nage avec bonheur dans les valeurs de la FSGT.

13h45. C’est la fin. Enfin presque.
On te quitte pour de bon, mais notre train, annoncé en retard, décide de nous quitter aussi, en partant en avance juste sous notre nez.

On arrive donc à Paris avec 4h de retard – après avoir voyagé dans le wagon bar, servi des canapés de restes aux contrôleurs, escaladés les tabourets et tout ce qu’on trouvait – heureux d’avoir partagé tout ça.
Et maintenant on peut te le dire : Topo, tu nous as bien fait rire !

 

 

 

Texte : Helene
Grimpeurs : Faustine, Emil, Emeric, Emilie, Linh, Khalid, Jean-Michel, Bérangère, Yann, Stéphane, Moa, Helene.
Gentils organisateurs : Faustine et Emeric

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