Le QG : Chez Nathalie, Paradis Bucolique avec Règlement Intérieur
On a posé nos cordes dans un gîte absolument charmant, niché dans la verdure comme sorti d’un roman de Pagnol. Nathalie, notre hôtesse adorable, nous a accueillis avec le sourire… et quelques règles à retenir absolument.
On a tous rapidement compris que l’amour de Nathalie était inconditionnel… mais pas son indulgence. Bienveillante et stricte comme une maîtresse d’école de montagne. On l’adore.
La Nuit : Dortoir 12 Places, Ambiance Festival de Jazz Intestinal
Douze âmes entassées dans un dortoir. Douze caractères. Douze systèmes digestifs apparemment très expressifs la nuit.
La symphonie qui s’est jouée chaque soir tenait du génie : ronflements en basse continue, petites interventions ventrales en cuivres, avec quelques solos impromptus d’une créativité rare. Un vrai programme de musique contemporaine.
Et pour en sortir le matin ? Un petit move de 6a depuis le lit superposé. Genou haut, sortie en dülfer sur le montant du lit, réception en godille sur le plancher. Technique. Surtout pour ceux du bas qui encaissaient l’atterrissage avec philosophie.

Les Petits-Dej : Pancakes et Thérapie de Groupe
Chaque matin, la table se couvrait de pancakes dorés comme le calcaire verdonnais au soleil couchant. Des moments de convivialité pure, de confiture partagée, de café trop chaud siroté en contemplant les falaises qui nous attendaient.
Un seul conseil : ne pas emprunter l’Opinel de Nina pour se couper une tranche de fromage dans son sandwich. Non pas par question de propriété, mais parce que, comme Nina vous le rappellera avec une régularité métronométrique, elle est allergique au fromage. Ce détail, pourtant mentionné à chaque repas, chaque collation, et possiblement dans son sommeil, semble peiner à s’ancrer durablement dans les mémoires collectives. Nina, on t’entend. On retient. Promis.
Les Voies : Grandes, Belles, et Parfois Très Humides Intérieurement
Le Verdon, c’est cette chose rare qui te fait sentir infiniment petit et absolument vivant en même temps.
Les grandes voies étaient au rendez-vous, dans toute leur superbe et leur majesté indifférente. On s’est tous, à un moment ou un autre, retrouvés dans ce moment suspendu entre deux réglettes où le slip perd soudainement de sa rigidité. C’est ça, le Verdon : une école d’humilité verticale, offerte avec vue sur le turquoise de la rivière 300 mètres plus bas, où l’eau cisèle depuis des millénaires le calcaire blanc avec une patience que nous, les grimpeurs, tentons vaguement d’imiter.
Mention particulière à Peter, qui a fait preuve d’un engagement exemplaire dans les passages les plus engagés. Le Verdon garde une trace de son passage : quelques bouts de genou offerts généreusement au calcaire, en échange de souvenirs qui, eux, resteront intacts.

Les Baignades : Récompense Méritée, Fraîcheur Garantie
Parce que grimper c’est bien, mais finir les pieds dans la rivière c’est mieux. Les sorties de voie se terminaient régulièrement par la descente jusqu’à l’eau, et là, d’un coup, tout le sel séché sur les bras, les genoux écorchés et les mollets vrillés n’existaient plus. Juste l’eau turquoise, froide comme une évidence, et le silence des gorges qui avalait tous les jurons de la journée.
Petite mention pour les faces sud qui nous avaient bien rôti en cours de journée : la baignade prenait alors des allures de résurrection. On entrait dans l’eau comme des hommes et des femmes nouveaux. Ou du moins comme des gens nettement moins cramés.

Les Glaces : L’Épreuve Ultime
Rituel immuable : après chaque sortie, direction le glacier. Et cette année, Stéphane s’est lancé dans une mission dont on ne mesure pas encore totalement l’ampleur : goûter toutes les saveurs.
Son classement final est attendu avec une impatience que seuls les amateurs de crème glacée comprennent vraiment. Et il semblerait, source proche du cornet, que la pistache ne trônera pas cette année en première place. Scandale ? Révolution ? Résultat de plusieurs années d’exploration rigoureuse ? Le suspense est insoutenable.

Les Soirées : Coinche, Plats Généreux et Art de Vivre
Les dîners de Nathalie étaient bons, vraiment bons, et surtout… généreux. Généreusement bons. Bons et généreux. Ce qu’on essaie de dire, c’est qu’on ne terminait jamais les assiettes. Pas parce que c’était mauvais, hein. Juste parce que la portion prévue pour une personne semblait calibrée pour quelqu’un ayant fait le GR20 dans la journée. On repartait de table le ventre lourd et le cœur léger, ce qui est finalement une excellente définition des vacances.
Puis venait la coinche. Endiablée. Parfois tendue. Souvent bruyante. Les alliances se faisaient et se défaisaient autour de la table avec la même fluidité que les cordées dans les voies. On ne révèle pas les scores. Certains ego doivent encore se remettre.

Les Notes Spéciales du Jury
🏅 Prix Technique : Louis avec mention spéciale pour ses crochets goutte d’eau dans les passages les plus délicats. Là où la voie semblait refuser toute prise, Louis sortait ses crochets, les posait sur des aspérités que lui seul savait voir, et s’élevait sur la paroi avec une tranquillité déconcertante. Le maître de l’artif du groupe, capable de progresser là où le rocher avait visiblement décidé de ne rien offrir.

🏅 Prix Zoologie : Nina qui, outre sa vigilance fromagère sans faille, nous a offert au cours du séjour plusieurs rencontres herpétologiques mémorables. Dresseuse de serpents, charmeuse de reptiles, ou simplement dotée d’un instinct naturel que la plupart d’entre nous n’aurons jamais. Respect.

🏅 Prix Style Intemporel : Peter qui a choisi cette année de remettre au goût du jour un classique absolu de la maille printanière. Son slip kangourou blanc uni, collection printemps-été 1972, a traversé les décennies sans prendre une ride. Indémodable. Audacieux. Iconique. La mode, c’est ce qui se démode. Le slip de Peter, jamais.

Rendez-vous à la prochaine sortie. N’oubliez pas votre écocup.
Texte : Micha
Grimpeur·euse·s : Delphine, Helene, Louis, Stéphane, Michael, Nina, Florine, Alexandre, Peter, Florian, Fernanda et Julien