Tout commence ainsi, un fameux matin d’avril de l’an 2026.
Aux aurores, alors que Paris sommeille encore, 13 intrépides aventuriers précédés de leur éclaireur motorisé convergent vers leur point de rencontre, fendant l’air frais d’un pas sûr et laissant penauds, dans leurs errances de fin de soirée, les derniers fêtards qui observent avec curiosité ces étonnants énergumènes.
Filant sur les rails en direction de la cité des Papes, pas question de fermer l’œil malgré l’heure matinale. Même si la fatigue est palpable, notre joyeuse compagnie est déjà engagée dans toutes sortes d’échanges passionnés.
Arrivés à Avignon, voitures récupérées, courses faites, tout le monde roule en direction de Lafare pour rejoindre notre gîte. Tout le monde? Presque! Une poignée d’irréductibles oenophiles est tombée dans un guet-apens tendu par le caviste du coin. Quelques verres plus loin, les voici qui arrivent à Lafare, tout joyeux et prêts à en découdre, alors qu’en les attendant, d’autres profitaient d’un café et de quelques éclats de rires à l’ombre des platanes.
Tout le monde est installé, il fait beau et le vent vient de caler. C’est parti pour le col du Cayron ! Tout s’est si bien passé jusqu’ici, que pourrait-il arriver ?

La réponse ne tarde pas à se révéler… la route se fait de plus en plus étroite et moins entretenue, jusqu’à ne devenir qu’un chemin de terre barré par un panneau d’interdiction de circuler… zut, mauvais chemin. On fait demi-tour et tente un autre itinéraire… toujours pas ! Heureusement que chacun a les nerfs solides et le sourire bien accroché, ce qui n’est plus le cas du pare-choc avant de l’un de nos carrosses après ces péripéties…. Finalement, après être repassé deux fois par la case départ, on se résout à emprunter le plus long chemin proposé par le GPS, certainement le plus sûr… (note aux prochains, c’est le parking des Florets qu’il faut viser pour rejoindre la plupart des secteurs Nord des Dentelles 😉 ).
Ça y est, on est arrivés! Un peu en retard mais toujours de bonne humeur ! Une courte marche d’approche et nous voici au pied du Rocher du Grand Travers pour y retrouver un groupe de pas moins de 70 grimpeurs allemands venus profiter des températures clémentes de la Provence. Heureusement, il y a une multitude de voies et chacun trouve de quoi démarrer le séjour en beauté, sur une très belle première après-midi d’escalade.
Retour au refuge, et c’est parti pour le premier d’une belle série d’apéros. Ce soir, c’est Pepe qui régale avec sa délicieuse paella au chorizo !

Dimanche matin, il fait toujours beau et le vent reste bien calé. Un premier détachement de grande voie se forme pour aller se frotter aux hauteurs des Dentelles, tandis que le reste du groupe met le cap sur le secteur de la Tyrolienne.
En grande voie d’un côté, Tanguy et Hadrien s’engagent sur le marchand de Cailloux, réputé facile. Le repérage du pied de la voie demande quelques allers retours le long de la falaise, mais ils finissent par trouver!… Ah?… Après les 2 premières longueurs réalisées, ils se rendent compte qu’ils ont pris la voie d’à côté – la bien nommée voie du trou, car elle finit… dans un trou, avant d’atteindre l’arête des dentelles. Heureusement, elle est du même niveau de difficulté ils finissent sans trop de mal. La descente se fait par la chambre du turc dont l’accès est un goulet étroit à travers la montagne. Une belle aventure pour leur première grande voie du séjour.!
Accompagnés de Pepe et Aurélien, Guillaume emmène Héléna pour sa première grande voie. Et c’est sur la Vistemboir, dans le secteur Clapis que ça se passe. Sur le papier, c’est abordable (5a, 4c, 5b et 5c) mais avec un couple d’Allemands qui leur grillent la priorité en empruntant la grande voie Viva la Vida à côté, la frustration les fait dériver sur la deuxième longueur de celle-ci et pour ses débuts en tête, Héléna troque une 4c en dalle facile pour du 5c. Mais la patience est mère de toutes les vertus et l’équipe arrive finalement au sommet, sous un soleil de plomb. La faim commence à se faire sentir et la descente en rappel démarre pour rejoindre les Bánh mì laissés à l’abri en bas de la falaise. Tout se finit bien pour l’équipée, si ce n’est le portable de Pepe qui décide de sortir de sa coque de protection pour arriver plus vite au picnic. La chute lui aura été fatale : le coquin nous réveillera quand même le lendemain en sonnant aux premières lueurs du jour (avec de grosses difficultés pour l’éteindre avec l’écran HS).

Et côté Tyrolienne, cette fois, on étudie minutieusement la route à suivre afin de ne pas se perdre comme la veille et ça paie! On trouve le parking du premier coup. Alors, c’est gagné? Pas du tout… L’approche qui paraît si simple d’après le topo se révèle être un véritable casse-tête… après beaucoup d’exploration, on finit par trouver le chemin, non signalé et caché entre les buissons. Et on arrive! On s’élance dans une première voie et… galère! Chacun s’accorde sur le fait que les cotations mériteraient bien d’être placées un cran au-dessus. Pour autant, c’est encore un beau moment d’escalade et de partage qui s’opère ce matin.
Pour finir la journée en beauté, direction le Rocher Saint-Christophe où Tanguy s’offre une petite frayeur en nous faisant la démonstration d’un vol spectaculaire, mais sans gros bobo.

Un magnifique coucher de soleil accompagne notre retour au gîte, pour notre deuxième round d’apéro et de festin. Ce soir, c’est le risotto au petit épeautre de Lou qui nous régale !

Lundi – un petit groupe prend la direction de la Chaîne des Clapis et ses longues couennes, tandis que l’autre retourne au Rocher du Grand Travers.
Côté Clapis, du vertige et du tirage ! Avis aux prochains : on note que la voie Jardin peut se faire en grande voie, afin de profiter d’un petit oasis de verdure au sommet des falaises, un très beau coin pour pique-niquer 😉 )
Ca y est, c’est déjà la dernière soirée au gîte, c’est donc reparti pour la désormais traditionnelle séquence d’apéro-repas, avec le fameux poulet curry de Daniella !
Dernier dodo, rangement du gîte, préparation des affaires et dernière session de grimpe – toujours au soleil, toujours sans vent, toujours de bonne humeur !

Malgré une corde coincée tout en haut de la falaise et les quelques nœuds au cerveau qui en découlent, tout se passe toujours aussi bien. La journée se finit tôt mais ce n’est pas plus mal, on commence à sentir l’effet de 4 jours d’escalade ininterrompue !
Tandis que la plupart du groupe rentre sur Paris avec déjà plein de beaux souvenirs en tête, Tanguy et Guillaume s’en vont en créer d’autres en partant explorer les secteurs du Verdon.
On rentre fatigués mais heureux, en se réjouissant déjà des prochaines aventures ! A bientôt <3

Texte : Max
Grimpeur·euses : Raphaëlle, Marcelle, Aurélien, Laura, Helena, Tanguy, Lou, Davide, Daniella, Max, Laura, Guillaume, Hadrien, José